L'essentiel
Choisir un sérum cils sans prostaglandine, c'est écarter des molécules voisines de médicaments utilisés en collyre contre le glaucome. Elles font pousser les cils, mais peuvent foncer l'iris de façon définitive.
En février 2026, le comité scientifique européen chargé de la sécurité des cosmétiques a conclu qu'aucune de ces molécules ne pouvait être considérée comme sûre dans un sérum cils.
Pour les repérer, lisez la liste des ingrédients : leurs noms contiennent presque tous la syllabe « prost ».
Qu'est-ce qu'une prostaglandine dans un sérum cils ?
Une prostaglandine est, au départ, une petite molécule que notre corps fabrique lui-même. Ses cousines de synthèse, les analogues de prostaglandines, sont des médicaments : en collyre, ils font baisser la pression à l'intérieur de l'œil et servent depuis des années à traiter le glaucome. C'est en suivant ces patients que les ophtalmologistes ont remarqué un effet inattendu : leurs cils poussaient plus longs, plus épais, plus foncés.
L'une de ces molécules, le bimatoprost, a ensuite été commercialisée aux États-Unis comme un médicament pour les cils, délivré sur ordonnance. Dans le même temps, des sérums cosmétiques vendus librement ont commencé à intégrer des molécules très proches, à des doses plus faibles. C'est d'elles que l'on parle quand on cherche un sérum cils sans prostaglandine : des ingrédients efficaces sur la pousse, mais qui agissent comme des médicaments.
Le choix d'un sérum cils sans prostaglandine n'a donc rien d'une mode « clean ». Il revient à se demander si l'on accepte, pour des cils plus longs, les effets connus d'une famille de médicaments, sans le suivi médical qui les accompagne d'habitude.

Quels sont les effets indésirables des prostaglandines sur les yeux ?
Le plus connu est aussi le plus marquant : l'iris peut foncer. Le brun gagne du terrain sur le vert, le bleu ou le noisette, et ce changement est considéré comme probablement définitif par la notice du médicament américain pour les cils. Il peut s'installer lentement, sur plusieurs mois, et passer inaperçu au début.
D'autres effets sont décrits chez les patients traités pour un glaucome : une peau des paupières qui se pigmente, des yeux rouges, secs ou qui grattent, des poils qui poussent là où le produit a coulé. Plus récemment, les médecins ont décrit une fonte de la graisse autour des yeux. Le regard se creuse, la paupière supérieure change d'aspect, et l'œil peut paraître plus enfoncé. Une évolution qui ressemble à s'y méprendre au relâchement que nous décrivons dans notre article sur les paupières tombantes, mais dont la cause est tout autre.
Selon l'agence française de sécurité sanitaire, l'Anses, ces effets touchent près d'un patient sur dix parmi ceux qui reçoivent ces collyres. Pour une personne atteinte de glaucome, le traitement reste indispensable, et son médecin l'informe des risques. Pour des cils plus longs, la balance n'est évidemment pas la même.
Les sérums cils aux prostaglandines sont-ils interdits en Europe ?
Pas encore, mais l'interdiction est en préparation. Au 22 octobre 2026, aucun texte publié n'interdit ces molécules dans les cosmétiques vendus en Europe. En février 2026, le comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs, qui conseille la Commission sur les ingrédients cosmétiques, a rendu son avis définitif sur trois analogues de prostaglandines utilisés dans les sérums cils et sourcils. Sa conclusion : aucun ne peut être considéré comme sûr dans ces produits, même aux concentrations proposées par les fabricants.
Le comité s'appuie sur deux arguments. Ces molécules restent très actives sur l'organisme, même à petite dose. Et les données transmises ne permettent pas d'écarter un risque pour la reproduction et le développement de l'enfant à naître. C'est désormais à la Commission européenne de décider d'une interdiction ou d'une restriction.
Elle a commencé à le faire. En juillet 2026, la Commission a notifié à l'Organisation mondiale du commerce un projet de règlement qui interdirait les analogues de prostaglandines dans les cosmétiques, en s'appuyant sur cet avis ; le texte a été transmis en septembre au Conseil et au Parlement européen pour examen. Tant qu'il n'est pas adopté et publié au Journal officiel de l'Union européenne, ces sérums restent vendus légalement, d'où l'importance de savoir lire leur étiquette.
En France, l'Anses n'a pas attendu. En décembre 2025, elle a alerté le public après le signalement d'une jeune femme : au bout de cinq mois d'un sérum appliqué chaque jour, l'un de ses yeux était devenu nettement plus foncé, et la graisse autour de ses deux yeux avait fondu. Le produit contenait de l'isopropyl cloprostenate, l'un des analogues évalués par le comité européen. L'Anses souligne que ces risques ne figurent généralement pas sur les emballages.
Comment repérer une prostaglandine dans la liste des ingrédients ?
La liste des ingrédients, appelée liste INCI, est obligatoire sur l'emballage de tout cosmétique vendu en Europe, et souvent reprise sur le site de la marque. Les analogues de prostaglandines y apparaissent sous des noms chimiques un peu barbares, mais faciles à repérer : presque tous contiennent la syllabe « prost ». Voici ceux que l'on rencontre le plus souvent dans les sérums cils.
- Isopropyl cloprostenate, l'analogue cité dans l'alerte de l'Anses.
- Ethyl tafluprostamide, parfois présenté sous le nom de dechloro dihydroxy difluoro ethylcloprostenolamide.
- Methylamido dihydro noralfaprostal, le troisième analogue évalué par le comité européen.
- Bimatoprost, latanoprost ou travoprost : ce sont des médicaments, qui n'ont rien à faire dans un cosmétique.
Si la liste complète des ingrédients reste introuvable, ou si un sérum promet des résultats spectaculaires en deux semaines sans rien dire de sa formule, abstenez-vous. Et méfiez-vous des formules floues comme « complexe breveté » ou « actif exclusif » quand elles ne sont accompagnées d'aucun nom d'ingrédient.
La mention « sans prostaglandine » imprimée sur une boîte est un bon début, mais elle ne suffit pas toujours. Le terme peut prêter à confusion : une formule peut ne contenir aucune prostaglandine au sens strict, tout en renfermant un analogue de synthèse qui agit de la même façon. Seule la liste des ingrédients fait foi. Prenez l'habitude de la parcourir en entier, en cherchant la fameuse syllabe, avant de vous laisser convaincre par une photo avant-après.

Un sérum cils sans prostaglandine fait-il vraiment pousser les cils ?
Oui, mais autrement, et il faut le savoir pour ne pas être déçue. Un analogue de prostaglandine force la main au cil : il allonge sa phase de croissance, avec des résultats rapides et spectaculaires. Un sérum sans prostaglandine mise plutôt sur des actifs qui entretiennent le cil : dans le nôtre, par exemple, des peptides qui améliorent la qualité du bulbe pour renforcer l'ancrage du cil et freiner sa chute. Les résultats sont plus progressifs, et ils demandent de la régularité.
Un cil vit quelques mois, puis tombe et laisse la place à un nouveau. C'est pour cela qu'un sérum s'utilise en cure, sur plusieurs semaines, et que les premiers effets se voient au bout d'un mois environ. Un sérum bien formulé ne transformera pas des cils clairsemés en extensions, mais il peut les rendre visiblement plus longs, plus foncés et mieux recourbés.
La bonne question à poser à un sérum sans prostaglandine n'est donc pas « est-ce aussi rapide qu'un médicament ? », mais « est-ce prouvé ? ». Cherchez un test clinique avec un nombre de volontaires et une durée, plutôt que des avant-après sans légende.
Bien appliquer son sérum cils, sans irriter l'œil
Le geste compte presque autant que la formule, que vous utilisiez votre sérum seul ou entre deux rehaussements, comme nous le conseillons après un lash lift coréen. On commence toujours sur des cils propres, soigneusement démaquillés, pour que le sérum atteigne la racine. On dépose ensuite le produit au ras des cils supérieurs et inférieurs, comme un trait d'eye-liner, puis on le lisse sur toute la longueur, de la racine vers les pointes.
On laisse sécher une minute avant d'appliquer un mascara, et l'on évite de déborder sur la paupière ou à l'intérieur de l'œil. La régularité fait le reste : matin et soir pendant la cure, puis quelques fois par semaine pour entretenir les résultats. Le sérum se marie ensuite très bien avec un mascara qui gaine les cils, comme notre Lipocils Mascara XXL Volume.
Si vos yeux piquent, rougissent ou larmoient de façon inhabituelle, arrêtez le produit. Et si vous remarquez un changement de couleur de l'iris, consultez un médecin et signalez-le sur le portail public de déclaration des effets indésirables : c'est ainsi que l'alerte de 2025 a pu être lancée.
Et si c'est tout le regard que vous voulez réveiller, la lumière LED a aussi ses adeptes pour le contour de l'œil : notre guide complet du masque LED visage fait le point, avec l'avis des dermatologues.

Lipocils Expert, notre sérum cils sans prostaglandine
L'histoire de Talika commence avec les cils. En 1948, Danielle Roches, infirmière dans un service d'ophtalmologie des hôpitaux de Paris, prépare une crème à base de plantes pour soigner les yeux de ses patients brûlés. Elle observe alors un effet inattendu : leurs cils et leurs sourcils repoussent. Lipocils Expert est l'héritier de cette découverte.
Sa formule repose sur des extraits de plantes, hamamélis, pomme, ortie, marron d'Inde et millepertuis, associés à un extrait de Coleus forskohlii pour la pigmentation naturelle du cil, à des peptides qui renforcent son ancrage et à des protéines de soie qui le gainent et le recourbent. Elle contient 96 % d'ingrédients d'origine naturelle, a été testée sous contrôle dermatologique, et sa liste d'ingrédients, publiée en entier sur sa fiche, ne comporte aucun analogue de prostaglandine.
Ses résultats ont été mesurés. Après 30 jours d'utilisation quotidienne, les cils de 30 volontaires avaient gagné en moyenne 2,1 mm, soit 36 % de longueur. Dans un second test, chez 18 volontaires aux cils clairs, leur pigmentation et leur courbure avaient progressé de 50 %. On l'utilise matin et soir en cure de 28 jours, à renouveler tous les trois mois, puis trois à quatre fois par semaine pour l'entretien. Et parce qu'il sèche en une minute, il fait aussi une excellente base de mascara.
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Questions fréquentes
Pourquoi éviter les prostaglandines dans un sérum cils ?
Parce que ces molécules agissent comme des médicaments. Elles peuvent foncer l'iris de façon définitive, pigmenter la paupière, irriter les yeux ou faire fondre la graisse autour de l'œil. En 2026, le comité scientifique européen a conclu qu'aucune de celles évaluées ne pouvait être considérée comme sûre dans un sérum cils.
Comment savoir si mon sérum cils contient une prostaglandine ?
Lisez la liste des ingrédients sur l'emballage ou sur le site de la marque. Les analogues de prostaglandines ont presque tous la syllabe « prost » dans leur nom : isopropyl cloprostenate, ethyl tafluprostamide, methylamido dihydro noralfaprostal. Si la liste est introuvable, mieux vaut s'abstenir.
Le bimatoprost est-il autorisé dans les cosmétiques ?
Le bimatoprost est un médicament, utilisé en collyre contre le glaucome et, aux États-Unis, sur ordonnance pour les cils. Il n'a pas sa place dans un cosmétique vendu librement. Les sérums concernés utilisent plutôt des molécules voisines, que le comité scientifique européen a jugées non sûres en 2026 et que la Commission prévoit d'interdire.
Combien de temps faut-il pour voir les résultats d'un sérum sans prostaglandine ?
Comptez environ un mois d'application régulière, le temps que les cils se renouvellent. Avec Lipocils Expert, les cils de 30 volontaires avaient gagné en moyenne 2,1 mm après 30 jours d'utilisation quotidienne. Les résultats s'entretiennent ensuite avec quelques applications par semaine.
Peut-on utiliser un sérum cils pendant la grossesse ?
Les sérums aux analogues de prostaglandines sont à éviter : le comité scientifique européen n'a pas pu exclure de risque pour la reproduction et le développement de l'enfant à naître. Pour tout autre sérum, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer.
Nos sources
- Anses, « Sérums pour faire pousser les cils : un risque de changement de couleur des yeux », 11 décembre 2025
- Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs (SCCS), avis final SCCS/1680/25 sur les analogues de prostaglandines, adopté le 2 février 2026
- Commission européenne, notification OMC G/TBT/N/EU/1219 : projet de règlement interdisant notamment les analogues de prostaglandines dans les cosmétiques, reçue le 8 juillet 2026
- Vidal, « Des dérivés de prostaglandines dans des sérums pour allonger les cils », 18 décembre 2025
- Notice américaine du bimatoprost pour les cils (Latisse), révision de juillet 2024 : pigmentation de l'iris probablement définitive
- Portail de signalement des événements sanitaires indésirables (cosmétovigilance)
- Fiche de Lipocils Expert, talika.fr : liste complète des ingrédients, tests cliniques sur 30 et 18 volontaires pendant 30 jours